Monstrueuse
Il ne faut pas prendre au pied de la lettre l’image que j’ai associée à cet article. Le titre ne désigne pas un monstre femelle fantastique tel qu’un loup-garou, un zombie et un vampire. Il ne désigne pas, non plus, une femme transformée en monstre par vengeance, comme celles des mythologies. Par exemple, Méduse, la plus connue des Gorgones, punie par Athéna, ou Scylla, empoisonnée par Circé.
C’est également tout le contraire de certains contes pour enfants où il y a parfois un animal (Un oiseau dans « L’oiseau bleu » ou une grenouille – et non un crapaud comme je le pensais – dans « Le Roi Grenouille ou Henri de Fer ») ou un monstre (Une bête dans « La Belle et la Bête ») qui cache, en réalité, un prince. Plus rarement, la transformation donne une princesse. C’est le cas dans « La chatte blanche », pour ceux que cela intéresse. Moi si une femme me donne un baiser, il y a très peu de chance que je me transforme en « prince charmant » ! Je n’ai aucun titre, je ne possède rien et je ne suis pas beau ! Par contre, je peux être bon prince et charmant dans des sens bien différents.
Dans la vie réelle, probablement un grand nombre de princesses, ou assimilées, se transforment en monstre. À mon grand dam, j’en connais une ! Bien sûr, je prends la définition du mot « monstre » comme suit : « Personne qui suscite l'horreur par sa cruauté, sa perversité, par quelque vice énorme », trouvée sur www.larousse.fr, donc rien à voir avec son apparence physique.
Pour ceux qui n’auraient pas lu mon article « Pourquoi j’ai dû démissionner ? », voici un court résumé, mais je vous conseille de lire ce très long article. Je suis allé me renseigner auprès d’une collègue de travail dans une petite pièce où elles faisaient des tests sur les produits de l’entreprise. Malheureusement, le renseignement, que je désirais, était délicat à demander. Évidemment, cela ne s’est pas passé comme imaginer, mais je suis resté bienveillant. Toutefois, apparemment, pas suffisamment, puisque cette personne, après deux jours de week-end, est revenue mécontente et en colère. J’ai préféré attendre qu’elle vienne me parler. En vain, chaque jour était pire que le précédent ! Je lui ai donc écrit une lettre, lui proposant, très maladroitement le choix entre le dialogue ou ma démission. Pas une phrase, pas un seul mot de sa part ! À ce jour, je ne connais toujours pas son problème, ni pourquoi elle refuse tout dialogue et toute conciliation ! J’en ai perdu la tête et je me sens encore coupable de je ne sais pas quoi !
Pour ma petite cervelle, je crois qu’une personne qui refuse perpétuellement le dialogue, c’est une personne qui vit toujours mal une situation passée, qui vit constamment dans le déni ! Les jours, les semaines et les mois passent, elle se ment à elle-même de croire que tout va bien et elle ne se rend pas compte des conséquences dramatiques sur la personne à qui elle en veut à mort !
Pour savoir si c’était du délire ou pas, j’ai fait des recherches sur Internet concernant le refus de dialogue. Je tombe notamment sur l’article suivant : http://www.jesuschristenfrance.fr/actions-et-initiatives-pour-le/article/le-refus-de-dialoguer-constitue-aussi-un-symptome-de-faiblesse-de-la-pensee, dont voici des extraits :
« L’actualité mondiale le montre bien : tout refus de dialogue entretient le fanatisme et attise la guerre. Le refus de dialoguer constitue aussi un symptôme de faiblesse de la pensée. Que ce soit dans l’ordre politique, social et religieux, la paix et le vivre ensemble requièrent le dialogue. »
« Sans dialogue, on tombe dans l’invective, le lynchage, le procès d’intention et la diabolisation. »
« Un dialogue authentique exige la réunion de plusieurs conditions : la liberté d’expression, l’écoute mutuelle jusqu’à la disponibilité à changer d’avis et la quête du bien commun. »
Selon moi, dans notre cas et pour nous deux, le dialogue aurait été une épreuve thérapeutique. Deux mots très forts ! Elle n’en a pas conscience, et notre patron n’a pas été capable de lui en faire prendre conscience ! A-t-il réellement essayé ? Mystère !
Sur une autre page Internet, https://www.la-psychologie.com/mutisme.htm, bien qu’au sujet d’une famille, d’un couple, on trouve des phrases valables de façon générale :
« Croire que le mutisme est simplement une non communication est une erreur grave. Le mutisme est au contraire une communication et une communication qui peut être particulièrement violente. »
« En effet, en gardant le silence, la personne mutique exprime son refus de partager ses pensées et ses sentiments avec son interlocuteur. Elle ne dit rien qui vient reconnaître le besoin d'un échange de l'autre. Elle lui donne l'impression d'être désengagée de la relation. Souvent, quand elle se sent poussée hors de ses retranchements, des mots blessants jaillissent en guise de bâillon. »
« Les reproches non formulés à voix haute sont un poison dont on ne peut pas se défendre. »
Je pense que cette dernière phrase peut nous concerner à tous les deux. Pour elle, ne pas parler, est un poison dont elle ne cherche pas à se défendre. Elle attend que ça passe ? Pour moi aussi, ne pas me parler, est un poison dont je ne sais comment me défendre, dont je ne peux pas me défendre seul, dont je vais finir par succomber !
À cette adresse https://www.la-psychologie.com/interventions.htm, mais cette fois dans le cadre du monde du travail : « Le climat social s'est dégradé, un mal-être tend à se généraliser sur le lieu de travail… Il y a lieu de s’en préoccuper avant que la situation ne dégénère (arrêts de travail à répétition, turnover accru, grèves, conduites de freinage, etc.) ». Ceci concerne mon ex-patron, qui a préféré se préoccuper du bien-être de sa salariée chérie plutôt que de trouver le moyen de recoller les morceaux. Il se fout des conséquences, tant qu’il y a des demandeurs d’emploi et des stagiaires, tout baigne pour lui ! Selon moi, parmi le « et cetera » précédent, je pense qu’on peut rajouter « suicides ».
Finalement, la sentence fut irrévocable après l’arrivée de mon remplaçant, après environ 1 mois et demi de silence : la condamnation à mort, le peloton d’exécution ! Toutes les balles m’ont touché plein cœur, et pourtant, je suis debout, mal vivant, j’entre, pour une période indéterminée, dans une profonde dépression, dans un coma conscient, dans le champ d’un trou noir !
Monstrueuse ! Me laisser seul dans ma culpabilité et mes hypothèses en tous genres, c’est comme laisser un bébé dans sa merde pendant autant de semaines, c’est atroce, irresponsable, cruel, meurtrier !
Sache qu’au bout d’un moment ton inhumanité devient impardonnable. Si tu persistes dans cette voie, elle te créera de nouveaux problèmes et, un jour ou l’autre, le revers de la médaille te fera très très mal !
Monstrueuse ! Et monstrueux, celui qui s’est caché derrière elle !
Monstrueuse ! Je n’aurais jamais cru trouver un jour l’égal de mon père !