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19 Mar

L'espoir fait-il vraiment vivre ?

Publié par Laurent Bouvier  - Catégories :  #Débats et coups de gueule

Un bon sujet pour le bac de philo ? Ici, je ne fais qu’effleurer la question selon mes ressentis. J’ai mis cet article dans la catégorie « Débats et coups de gueule » car le sujet mériterait bien un débat.

 

L’espoir est un anti-dépresseur léger qui peut atténuer notre peine durant un temps limité !

 

Pour un SDF, espérer c’est être et vivre malheureux en attendant que quelqu’un ou quelque chose bouleverse positivement sa très pénible vie ! Et de cette dernière, la majorité des gens n’en ont pas intégralement, voire pas du tout, conscience !

 

Être malheureux, c’est presque systématiquement paraître malheureux ! Paraître malheureux n’attire pas les autres à venir vers nous, cela n’attire que la malchance et la méchanceté contre nous !

 

Être malheureux trop longtemps, c’est perdre quasi définitivement tout courage, tout enthousiasme, toute motivation ! C’est avoir horreur de soi, c’est stresser chaque seconde, c’est peu dormir, c’est constamment avoir peur et se sentir en danger ! Ce n’est plus vivre, c’est survivre !

 

Être malheureux trop longtemps, ce n’est pas manger 5 ou 6 fruits et légumes par jour, mais manger 5 ou 6 fois du chocolat sous diverses formes (barres, biscuits, tablettes…) pour stabiliser notre moral au ras des pâquerettes et éviter de descendre en dessous ! Peu importe les conséquences sur notre santé : risque de diabète, caries et prise de poids !

 

Attendre quelque chose de l’espoir, c’est être en quelque sorte passif, voire fataliste ! On attend généralement sans ne pas faire grand-chose ! En vérité, on a essayé plein de fois, mais au fur et à mesure du temps qui passe et des échecs, on finit par ne plus croire en rien, par ne plus avoir confiance aux autres, par douter de son utilité sur Terre ! Espérer c’est continuellement vivre de nombreuses désillusions et déceptions !

 

Être malheureux trop longtemps, c’est pleuré régulièrement en repensant aux choses qu’on a mal faite pour un rien et qui, en modifiant ce rien, aurait probablement changé complètement notre vie !

 

Être malheureux trop longtemps, c’est être conscient que le suicide serait une solution définitive et efficace, mais pas si simple à mettre en œuvre ! Quand la vie devient insupportable en tout point, c’est le dernier espoir ! Cependant quand on en arrive là, pires sont les jours qui passent en attendant de passer à l’acte à la recherche de la méthode idéale et du lieu idéal !

 

Une autre solution serait de ne plus avoir d’espoir. En espérant rien, plus de regret, plus de désespoir ? Est-il possible de vivre sans espoir ? Peut-on se contenter de ce que l’on a, de se passer de ce l’on n’a pas, alors qu’on en aurait bien besoin ?

 

Comment être actif ou accélérer la réalisation de nos espoirs ?

Vu où j’en suis, vous devinez bien, si vous avez lu une quantité suffisante d’articles de mon blog, que je ne sais pas vraiment. Pourtant ça fait un bail que ça va mal. Moi je suis malheureux et sans joie de vivre depuis mes 4 ans (à un an près), moment où j’ai compris et réalisé que mon père me demandait de dire des méchancetés pour pouvoir me mettre une branlée ! Un choc psychologique très nettement supérieur à la douleur physique ! Insurmontable et terrorisant ! En conséquence, les fondations de mon être sont tout le contraire de ce qu’est mon père : la gentillesse, la discrétion (sage, timide, peureux, honteux, stoïque, ermite), l’honnêteté (sauf cas rares pour éviter l’inquiétude ou pour se libérer d'inconnus trop curieux), le savoir-vivre (bienveillance, respect, politesse, non violence), le dégoût du tabac, le dégoût de l’alcool… Tout ça est en moi et il est impossible de me changer autrement ! Que des « aptitudes » de perdants dans tous les domaines ! L’ensemble de ma vie le confirmera à de nombreuses reprises.

Il m’a été très difficile de me construire et de m’épanouir au fil de ma jeunesse, au fil de mon adolescence et au fil du début de ma vie d’adulte ! Je vous assure qu’il n’est pas facile d’avoir constamment honte de soi, honte d’apparaître et honte d’exister depuis toutes ses années !

J’ai eu de rares opportunités dans ma vie et, malheureusement, je ne les ai pas comprises immédiatement et/ou j’ai fait le mauvais choix ! Parmi mes mauvais choix, il y en a un, et un seul, qui pourrait être considéré comme une casserole au cul, mais qui ne l’est pas réellement. C’est simplement le fait d’avoir voulu acheter un ordinateur à prix cassé dans une des entreprises où j’ai travaillé. Cette histoire m’a permis de connaître une première, et détestable, expérience aux Prud’hommes avec un avocat débutant payé par l’aide juridictionnelle !

 

Dernièrement (en février 2022), mais probablement bien des années trop tard, j’ai créé ce blog. Il y a trois raisons qui m’ont fait subitement franchir le pas :

→ La raison principale était de faire ça pour éviter de me pendre dans l’entrepôt de l’entreprise qui a souhaité que je démissionne (ce fut efficace jusqu’à mon dernier jour de travail (début mars) et, concernant l’acte en lui-même, jusqu’au mois de mai seulement) ;

→ Ainsi, et contrairement à ma discrétion maladive, je divulguais brièvement ma situation misérable, tout en sachant que j’aurais très peu de visiteurs au départ, et je faisais divers appels à l’aide (sur les plans du travail et du logement ; personne n’y a jamais répondu) ;

→ Et je pouvais mettre en ligne une histoire magnifique que j’avais écrite (personne n’a fait de commentaire ni m’a demandé de la retirer du blog la courte période où elle a été en ligne).

 

Même s’il n’y a pas lieu de rire de mes malheurs, en réalité, cela fait longtemps que je connais une solution qui, apparemment, rendrait heureux. Ce serait de devenir cantonnier ! Sûrement seuls les vieux comprendront cette boutade :-)

 

 

P.-S.1 : Une partie de mon tout dernier article (« Fin de partie »), très prochainement disponible, complétera, en quelque sorte, celui-ci.

P.-S.2 : Finalement, l’espoir ne fait pas réellement vivre. Par contre, le désespoir réduit notre espérance de vie de façon considérable !

 

 

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Éclats de vie d'un SDF