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17 Oct

Mes difficultés pour trouver un avocat

Publié par Laurent Bouvier  - Catégories :  #Démission

Trouver un avocat qui accepte l’aide juridictionnelle et qui a envie véritablement de travailler est difficile. Un parcours du combattant que voici en détails :

 

Je téléphone au Point Justice de Pessac Saige. La personne me renvoie vers Info Droit qui fait de même vers la Mairie de Gradignan, lieu de ma domiciliation.

Je ne sais plus comment, mais j’arrive à la Maison des avocats à Bordeaux. La personne me renvoie vers la Maison de la Justice et du Droit, place de Ravesies, où j’ai enfin un vrai rendez-vous !

Tout ceci me rappelle, un peu, un passage dans la BD « Les 12 travaux d’Astérix » !

 

J’ai donc réussi à avoir un rendez-vous, gratuit de 30 minutes, le jeudi 17 mars avec un avocat spécialisé dans le droit du travail.

Je suis reçu par une avocate. Je lui fais un court résumé. Elle me demande petit à petit des précisions. Les minutes défilent, je ne lui propose pas de lire l’histoire complète, 22 pages A4, que j’ai mise en ligne sur mon blog. Son conseil est d’officialiser, en recommandé, le fait que je n’ai jamais voulu réellement démissionner. Malheureusement, elle ne me donne pas de modèle de lettre et, moi-même, je ne pense pas à lui en demander ! Pas de chance, elle n’accepte pas l’aide juridictionnelle ! C’est plutôt bête de m’avoir donné un rendez-vous avec quelqu’un qui ne l’accepte pas, alors qu’on demande expressément un entretien gratuit ! Elle n’a pas de liste d’avocats qui acceptent l’aide juridictionnelle. Elle me dit alors de demander au Tribunal de Bordeaux.

 

Suite à cet entretien gratuit, le moral toujours en dessous de zéro, je décide de ne plus procéder de la même façon. Partir d’un court résumé puis, petit à petit, donner des détails. C’est désagréable, peu productif et une totale perte de temps si le prochain avocat avec lequel j’aurais rendez-vous, finalement, décide que l’affaire ne l’intéresse pas. Je n’ai pas envie de payer, si besoin, de multiples consultations sans savoir, auparavant, si l’avocat est d’accord avec les mêmes conclusions que moi !

Je profite donc de la mise en ligne de mon article « Pourquoi j’ai dû démissionner ? » sur mon blog pour demander des rendez-vous avec des avocats tout en leur indiquant le lien de mon article en même temps que ma demande.

Je vais pouvoir le faire à travers ce site : https://www.justifit.fr/trouver/avocats/bordeaux/aide-juridictionnelle/

J’obtiens plusieurs dizaines d’avocats possibles.

Je tente une première et seule demande de rendez-vous avec Maître T. le 18 mars.

 

J’envoie ma nouvelle LRAR à mon ancien employeur le 21 mars.

Celui-ci en prend connaissance le 23, il me téléphone, on conclut à un rendez-vous le 24 pour récupérer des documents qu’il devait me donner depuis un moment !

 

Le 24 mars, toujours pas de réponse de Maître T., alors au cas où j’aurais fait une erreur, je réitère ma demande avec lui et je fais également une demande à Maître J.

 

Finalement, je me déplace au Tribunal de Bordeaux le lundi 28 mars. Les hôtesses d’accueil n’ont pas de liste ! Elles me donnent une adresse mail : permanences@barreau-bordeaux.com

Je leur envoie donc un courriel le 30 mars pour avoir une liste d’avocats acceptant l’aide juridictionnelle et spécialisés dans le Droit du Travail et le Droit Pénal.

Manque de pot, encore, ils n’ont qu’une liste « Institut du Droit Pénale » et une liste « Institut du Droit Social » !

 

Au bout d’une semaine encore, toujours pas de réponses des avocats, même négatives !

J’ai bien envie de dire des méchancetés sur ces avocats et la plateforme « justifit », mais je ne le fais qu’à haute voix et non par écrit !

 

J’utilise un moteur de recherche pour voir si des avocats à Bordeaux ont un site internet.

Je choisis alors de faire une demande par courriel le 9 avril à Maître M.

Idem, après plus d’une semaine, toujours pas de réponse quelle qu’elle soit !

 

Je suis donc obligé de changer mon fusil d’épaule, car soit les avocats précédents n’ont pas envie de s’occuper d’une affaire avec l’aide juridictionnelle, soit ils n’ont pas envie de lire sans être payé les 22 pages du fichier PDF joint à mon article, soit… je ne sais pas !

La découverte du site internet https://consultation.avocat.fr/ devrait, j’espère, augmenter les chances d’avoir une réponse ?

Je fais une recherche sur la Gironde. J’obtiens une liste de plus de 700 avocats. La vache, y a du monde ! Faut dire que le prix à la question ou à la 1/2 heure leur rapporte un max ! Je peux voir leur adresse, leurs spécialités et s’ils acceptent l’aide juridictionnelle. La plupart proposent des consultations sur rendez-vous, téléphonique et écrite. Toutes les consultations sont payantes.

Je demande, le 22 avril, une consultation écrite à Maître G. pour 215 € !

Quelques jours plus tard, mail du 25 avril lu le 27, le site m’informe qu’il n’est pas disponible pour le moment !

 

Ultime tentative le 2 mai avec Maître S. ; sa consultation écrite est moins onéreuse : 150 €.

Ultime tentative, car la date fatidique que je me suis fixé est le vendredi 13 mai !

 

Un mail de Maître S. arrive le 10 mai pour me demander une copie du contrat de travail et des bulletins de salaire. Sans rire, à quoi ils peuvent bien servir pour savoir s’ils ont abusé de moi ou s’ils n’ont rien à se reprocher ? 8 jours pour m’informer de cela ! Toutefois, je lui fournis les documents demandés et je lui signale que je suis complètement au bout du rouleau, que j’ai fortement besoin d’être rassuré au plus tard jeudi, car vendredi 13 j’abandonnerais tout ! Je rajoute respectueusement, mais j’ai le sentiment que je n’aurais pas sa réponse à temps !

 

J’ai renoncé à mon suicide vers 2h00 du matin ce vendredi 13 mai en arrivant sur le lieu prévu. J’avais mal repéré les lieux, des bâtiments étaient plus proches que prévu et une pièce était allumé ! Vers 6h00, j’envoie un nouveau mail à Me S. pour l’informer que contrairement à mon précédent mail je n’abandonne plus et que j’attends sa consultation écrite.

Voici ce que je lui écris :

Bonjour,

J'avais prévu de me suicider ce matin, mais en arrivant sur les lieux, j'ai renoncé.

Donc contrairement à ce que je disais dans mon précédent message, je n'abandonne pas.

J'attends donc votre consultation écrite comme prévu.

Mes respectueuses salutations.

Laurent Bouvier.

 

N’ayant toujours pas le moindre signe de vie de ce 6e avocat, je décide, le lundi 23 mai, d’aller déposer une demande d’aide juridictionnelle (avec avocat commis d’office) au Tribunal. La dame qui enregistre mon dossier me dit que j’aurais une réponse dans un mois, un mois et demi ! Comment pourrais-je tenir autant de temps si personne ne me dit que j’ai 100 % raison ? Et comme je ne souffre pas suffisamment, elle me dit aussi que si je trouve un avocat d’ici la décision, alors il lui suffira de faire les démarches nécessaires pour que ce soit lui l’avocat désigné. Que de temps de perdu ! Je ne le savais pas, sinon j’aurais fait ma demande d’aide juridictionnelle bien plus tôt, tout en cherchant un avocat ! Merci à l’avocate de la consultation gratuite de m’en avoir informé !!!

 

Je relance Me S., le 31 mai, via https://consultation.avocat.fr/ , et non pas par son adresse personnelle. Il a reçu mon dernier mail, il y a plus de 15 jours ! Mon fichier PDF et le fait que je parle de suicide, ne lui a fait ni chaud ni froid !

 

Le 2 juin, je reçois cette réponse :

Cher Monsieur,

Je reviens vers vous suite à l'examen de l'ensemble des éléments que vous m'avez transmis, et notamment le récapitulatif complet, et très détaillé, de l'exposé des faits.

Vous avez signé un contrat de travail le 21/7/2021 à temps plein en qualité d'opérateur production.

Vous évoquez avoir fait état verbalement à l'une de vos collègues d'une attirance à son égard, sans autre manifestation.

Dans un cadre dans lequel vous avez souhaité prendre toutes précautions, vous avez finalement présenté à votre employeur une lettre de démission (dont la copie n'est pas transmise par vos soins) signée. cette démission a été confirmée au mois de mars 2022.

Vous souhaitez savoir si cette dernière peut être contestée, étant précisé que votre employeur vous a menacé de relever l'existence d'un harcèlement que vous auriez réalisé à l'encontre de votre collègue.

Je note que vous n'avez reçu aucune lettre, aucune mise en garde écrite, aucune sanction disciplinaire ni aucun avertissement. Votre employeur ne vous a donc fait aucun grief particulier par écrit.

Il est donc nécessaire d'apprécier si votre démission relevait d'une décision claire et non équivoque de mettre fin au contrat de travail. Au cas où cette démission n'aurait pas été donnée dans ce cadre, vous pouvez la contester. Dans ce cas, la procédure nécessite que vous apportiez la preuve de ce que la démission résulte de pressions, d'une situation contentieuse ou de difficultés qui ne vous sont pas imputables.

Il serait dès lors nécessaire de savoir si vous pourriez avoir recours à des témoignages permettant d'attester des conditions dans lesquelles vous avez été poussé à remettre une lettre de démission non motivée.

A ce stade, et si vous ne pouviez disposer d'aucun élément de preuve complémentaire, les chances de succès d'une procédure seraient limitées car votre seul énoncé des faits ne serait pas un moyen de preuve suffisant. Il est nécessaire que ce dernier soit recoupé avec d'autres éléments.

Je suis à votre écoute pour en discuter plus précisément par téléphone si vous le souhaitez.

Je vous engage à me faire part d'un créneau horaire sur lequel je peux vous rappeler.

Dans cette attente,

Cordialement,

 

Ceci, que je n’ai même pas reçu en pièce jointe avec « papier » à en-tête, est une consultation écrite de 150 € ! Quelle est la différence avec la consultation orale gratuite d’une vingtaine de minutes à la Maison de la Justice et du Droit ? Je ne vois pas grand-chose !

 

Je n’ai aucun moyen de me plaindre, car il n’est plus possible de faire une réponse à son mail ! Sauf en repassant à la caisse, évidemment ! Et puis, quoi dire de non insultant sans qu’il se retourne contre moi ? Je me demande s’il a vraiment lu entièrement le PDF d’une quarantaine de pages que je lui ai envoyé et mes deux mails ? À la suite de sa réponse, j’ai rajouté quelques phrases et, surtout, un post-scriptum à la fin de la nouvelle version de mon article « Pourquoi j’ai dû démissionner ? » ! Sa publication se fera prochainement, mails l’article sera réservé à un public limité !

 

Là, je ne sais pas s’il en est conscient, mais c’est comme s’il avait lui-même acheté la corde avec laquelle je vais me pendre !

 

En conclusion, l’aide juridictionnelle pour un avocat c’est un peu comme la CMU pour un médecin, en théorie, ils l’acceptent mais, en réalité, ils préfèrent que vous alliez voir ailleurs ! Et quand ils sont forcés de le faire, il n’y a pas d’enthousiasme, le travail est bâclé ! J’ai toujours eu l’impression que face à un avocat ou un notaire, il fallait mettre la main au porte-monnaie à chaque demande et à chaque question !

Je suis vraiment malchanceux et/ou la Justice n’est faite que pour les riches ? Les entreprises sont tranquilles, et elles le savent bien, face à un quidam !

 

Petit miracle, j’ai la réponse à ma demande d’aide juridictionnelle le jeudi 16 juin ! Bien que le document ne soit vraiment pas clair, elle est acceptée et totale. Il semblerait qu’on m’a attribué une avocate et des huissiers ? Et je ne vois rien qui indique ce qu’il va maintenant se passer ou ce que je dois faire ?

Mais je suis tellement terrassé que ma colère ne suffira pas, cette fois-ci, à me pousser à appeler les numéros de téléphone présents sur le document que j’ai reçu ! Je ne peux donc qu’attendre d’être contacté.

 

Un peu plus d’une semaine vient de se passer, et personne ne m’a contacté par téléphone ou par mail pour qu’on se rencontre ! Les vacances de juillet/août approchent à grands pas, ce qui ne va pas arranger les choses.

 

Aucun courrier le 5 juillet en rapport avec mes démarches.

 

Prochaine échéance : la nuit du 13 au 14 juillet !

Est-ce que, après ma mort, justice sera faite ? Malheureusement, je suis certain que la sentence ne sera pas à la hauteur de mes souffrances et de ma disparition !

 

Je n’ai vraiment pas de bol ! Trois couples se succédèrent à l’endroit prévu. J’ai poireauté de 00h15 à 04h15, impossible d’être seul et de passer à l’acte !

 

Si je ne suis pas contacté, la nouvelle échéance sera le 21 juillet, avant minuit ! Un an après mon embauche ! Je pleure encore !

 

Si moi j’ai été mis au courant du nom de la jeune avocate commise d’office (Maître T.), je suppose fortement que l’avocate a été elle aussi mise au courant ? Je suppose fortement aussi qu’on lui a donné mes coordonnées : adresse, téléphone, mail ?

Aucune tentative de contact ! Peut-être qu’il y a des gens qui font des demandes d’aide juridictionnelle pour s’amuser ? Sans rire, quand quelqu’un fait cette démarche, ce n’est pas par gaîté de cœur, c’est parce que ça va mal ! Ça va tellement mal que si on n’est pas tout de suite assisté, on lâche petit à petit le morceau par honte, par dégoût, par dépit !

 

 

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